
Variante Normal
Normal · Shiny · Holo
Pierre de Rosette
La pierre de Rosette est un fragment de décret sacerdotal de 196 av. J.-C. inscrit en hiéroglyphes, démotique et grec, décisif pour le déchiffrement de l’égyptien ancien.
- Deck
- Ancient Egypt
- Monde
- Monde 5 - Corruption & Légendes
- Zone principale
- Désert des Pharaons
- Récompense
- +40 XP
Description
La pierre de Rosette est un fragment de stèle en granodiorite portant un décret promulgué en 196 avant notre ère sous Ptolémée V. Le texte fut décidé par une assemblée de prêtres à Memphis : il énumère les bienfaits attribués au jeune roi, organise son culte et ordonne que le décret soit dressé dans les temples. Son contenu est donc une déclaration politico-religieuse de loyauté, et non un dictionnaire conçu pour les futurs déchiffreurs. Le même décret apparaît dans trois écritures. Les hiéroglyphes convenaient au registre monumental et sacré ; le démotique était l’écriture cursive alors courante pour l’égyptien ; le grec était la langue de l’administration ptolémaïque. Il ne s’agit pas exactement de « trois langues », puisque hiéroglyphes et démotique notent deux états ou registres de l’égyptien. Les versions ne sont pas mot à mot identiques, mais leur proximité rendit possible la comparaison. Des soldats de l’expédition française découvrirent la pierre en juillet 1799 lors de travaux au fort Julien près de Rashid, appelée Rosette par les Européens. Des copies circulèrent rapidement parmi les savants. Après la capitulation française de 1801, l’objet fut remis aux Britanniques selon les termes négociés à Alexandrie et entra au British Museum en 1802. Cette trajectoire militaire et coloniale explique les demandes contemporaines de restitution formulées en Égypte ; la présentation de la pierre doit inclure ce débat au lieu de traiter son emplacement londonien comme neutre ou inévitable. Le déchiffrement fut une entreprise collective. Thomas Young identifia des éléments phonétiques et le nom de Ptolémée dans un cartouche. Jean-François Champollion, grâce notamment à sa connaissance du copte, comprit que les hiéroglyphes combinaient signes phonétiques, idéogrammes et déterminatifs, et annonça sa percée en 1822. D’autres inscriptions bilingues, dont l’obélisque de Philae, furent essentielles. Dire que Champollion « traduisit seul la pierre » efface donc les copies, les langues, les prédécesseurs et les objets comparatifs qui rendirent son système vérifiable. La stèle est brisée : une grande partie des hiéroglyphes et une portion du texte manquent. D’autres copies du décret, trouvées à Nubayrah et ailleurs, permettent de restituer certains passages. Sa valeur tient moins à l’unicité de son message qu’à la conjonction exceptionnelle d’un texte long, de trois écritures et d’un moment où le grec restait lisible. Le rabbit hole mène aux Ptolémées, au décret de Memphis, au copte, à Young et Champollion, à l’obélisque de Philae, aux impressions et moulages, puis aux débats de restitution. La carte symbolise le passage d’une civilisation contemplée comme muette à une histoire que l’on peut de nouveau lire dans sa propre langue.
À savoir
La pierre de Rosette est un fragment de décret sacerdotal de 196 av. J.-C. inscrit en hiéroglyphes, démotique et grec, décisif pour le déchiffrement de l’égyptien ancien.
Vidéos
- La pierre de Rosette et ce qu’elle dit — British Museum ↗
Le dossier rassemble une intervention de conservateur, une chronologie et un modèle 3D du monument.
Sources
Pour aller plus loin
- Explorer la pierre en trois dimensions ↗
Pour comparer directement les trois bandes d’écriture et la forme brisée de la stèle.
- Comprendre le fonctionnement réel des hiéroglyphes ↗
Pour distinguer signes phonétiques, idéogrammes et déterminatifs découverts par le déchiffrement.