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Carthage
Fondée par des Phéniciens près de l’actuelle Tunis, Carthage devint la grande puissance punique de Méditerranée occidentale avant sa destruction romaine en 146 av. J.-C. et sa renaissance comme métropole romaine.
- Deck
- Lost Civilizations
- Monde
- Monde 8 - Dimensions Interdites
- Zone principale
- Empire Disparu
- Récompense
- +40 XP
Description
Carthage, Qart-ḥadašt ou « Ville nouvelle », est fondée sur le golfe de Tunis par des Phéniciens de Tyr, traditionnellement en 814 av. J.-C. Le récit de la reine Élissa-Didon, de la peau de bœuf découpée pour entourer Byrsa et de son amour pour Énée mêle traditions de fondation et littérature ultérieure ; il ne constitue pas une chronique vérifiable. L’emplacement, proche des routes entre bassins oriental et occidental, offre ports, terres agricoles et accès vers l’intérieur africain. À mesure que Tyr passe sous domination étrangère, Carthage devient autonome et dirige un réseau d’alliances, tributaires et établissements en Afrique du Nord, Sardaigne, Sicile, Baléares et Ibérie. Son pouvoir n’est pas seulement maritime. L’agronome Magon rédige un traité assez réputé pour être traduit sur ordre du Sénat romain après la conquête. La société est gouvernée par des magistrats appelés suffètes, un conseil aristocratique et des assemblées dont Aristote commente l’équilibre ; les familles riches exercent néanmoins une influence majeure. Les deux ports puniques visibles aujourd’hui — marchand et circulaire militaire — appartiennent aux dernières phases de la ville. Commerce, construction navale, métaux ibériques et agriculture soutiennent la puissance. L’expédition attribuée à Hannon décrit des navigations le long de l’Afrique atlantique, mais la distance atteinte reste débattue. Les Carthaginois parlaient punique, une forme de phénicien, et honoraient notamment Baal Hammon et Tanit. Le tophet contenait des urnes avec restes incinérés de très jeunes enfants et d’animaux sous des stèles votives. Des textes grecs et romains accusent Carthage de sacrifices d’enfants. Les archéologues débattent encore de la proportion entre victimes rituelles et enfants morts naturellement puis consacrés ; les analyses confirment que le lieu n’est pas un simple cimetière ordinaire, sans permettre de reconstruire chaque décès. Il faut exposer cette controverse plutôt que nier les sacrifices ou répéter sans nuance la propagande ennemie. Trois guerres opposent Carthage à Rome. Hannibal traverse les Alpes en 218 av. J.-C. et remporte Cannes, mais Rome gagne finalement la deuxième guerre. En 146, après la troisième, elle prend et détruit la ville, réduit de nombreux survivants en esclavage et annexe le territoire. L’histoire selon laquelle les Romains auraient salé tout le sol est une invention moderne sans source antique. Une colonie romaine renaît sur place et devient l’une des plus grandes villes de l’Empire, puis un centre chrétien associé à Tertullien, Cyprien et Augustin. Vandales et Byzantins lui succèdent. Le rabbit hole mène aux ports, au tophet, aux Barcides en Espagne et à la Carthage romaine. La formule « Carthage fut détruite » est vraie pour l’État punique de 146, mais fausse si elle transforme un site multiculturel occupé pendant plus d’un millénaire en ruine figée au moment d’Hannibal.
À savoir
Fondée par des Phéniciens près de l’actuelle Tunis, Carthage devint la grande puissance punique de Méditerranée occidentale avant sa destruction romaine en 146 av. J.-C. et sa renaissance comme métropole romaine.
Vidéos
- UNESCO/NHK — Site archéologique de Carthage ↗
Une lecture visuelle des vestiges puniques et romains dispersés dans la métropole moderne.
Sources
Pour aller plus loin
- Parcourir toutes les Carthage ↗
Pour distinguer ports et tophet puniques, ville romaine, christianisme africain et occupations ultérieures.
- Entrer dans le débat du tophet ↗
Pour confronter sources hostiles, urnes, analyses biologiques et interprétations concurrentes des sacrifices.