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The Babadook
The Babadook est le monstre du film de Jennifer Kent : un livre surgit chez une mère et son fils endeuillés, donnant corps à une douleur réprimée qu’ils ne peuvent détruire mais doivent reconnaître et contenir.
- Deck
- Internet Horror Icons
- Monde
- Monde 8 - Dimensions Interdites
- Zone principale
- Cathédrale Analogique
- Récompense
- +250 XP
Description
The Babadook est un film d’horreur psychologique australien écrit et réalisé par Jennifer Kent, présenté à Sundance puis sorti en 2014. Il développe très librement l’idée de son court métrage « Monster » de 2005. Essie Davis interprète Amelia, veuve épuisée, et Noah Wiseman son fils Samuel. Le monstre au chapeau haut-de-forme n’est pas une creepypasta anonyme : il appartient à une œuvre cinématographique précise dont le livre pop-up, les sons et les ombres organisent une métaphore du deuil réprimé. Oskar, mari d’Amelia, est mort dans un accident de voiture en conduisant sa femme à l’hôpital le jour de la naissance de Samuel. Six ans plus tard, l’anniversaire de l’enfant reste indissociable de cette mort. Amelia évite d’en parler, dort mal, supporte difficilement les comportements de Samuel et ne peut exprimer l’ambivalence de sa maternité. Samuel, obsédé par les monstres, fabrique des armes et promet de protéger sa mère, mais son agitation isole davantage la famille. Un livre rouge sans provenance, « Mister Babadook », apparaît dans la maison. Ses pages annoncent qu’une fois admis, le Babadook ne peut être éliminé. Amelia le détruit ; il revient réparé avec de nouvelles images prédisant la mort du chien, de Samuel puis son propre suicide. Des coups, appels téléphoniques et visions envahissent la maison. L’entité finit par posséder ou libérer la violence d’Amelia : elle tue le chien, menace son fils et reproduit la voix de son mari afin de lui proposer le retour impossible qu’elle désire. Samuel la maîtrise sans chercher à la tuer et lui répète qu’il l’aime. Amelia affronte ensuite l’apparition d’Oskar et refuse son marché. Elle chasse le Babadook au sous-sol. La fin ne montre pas sa destruction : mère et fils reprennent une vie plus stable, préparent un anniversaire et descendent nourrir la créature avec des vers. Amelia peut la calmer, mais pas supprimer son existence. Le deuil reste dans la maison, contenu, reconnu et régulièrement pris en charge. Lire le Babadook comme manifestation du chagrin, de la dépression et de la colère maternelle est fortement soutenu par le récit et par les propos de Kent sur la suppression de la douleur. Cela ne réduit pas nécessairement chaque scène à une hallucination : le film construit un mythe où le psychologique et le surnaturel peuvent fonctionner ensemble. Le nom évoque « a bad book » et possède la cadence d’une comptine, sans étymologie folklorique ancienne confirmée. En 2016–2017, un mème Tumblr puis une image associée à Netflix transforment le personnage en icône gay. La blague devient symbole de Pride, célébré par des fans et même des éditions commerciales. Cette réception queer est culturellement importante, mais elle ne signifie pas que le scénario de 2014 identifie littéralement le monstre comme personnage LGBT. Kent a accueilli avec amusement cette vie imprévue. Le rabbit hole passe par le film, le court « Monster », les entretiens de Kent et les études du phénomène « Babashook ». The Babadook conclut parfaitement un deck d’horreur Internet : né du cinéma, il connaît une seconde identité collective en ligne. Dans les deux cas, ce qu’on tente d’enfermer revient sous une autre forme, jusqu’à ce qu’on accepte de lui faire une place sans lui abandonner toute la maison.
À savoir
The Babadook est le monstre du film de Jennifer Kent : un livre surgit chez une mère et son fils endeuillés, donnant corps à une douleur réprimée qu’ils ne peuvent détruire mais doivent reconnaître et contenir.
Sources
Pour aller plus loin
- Écouter Jennifer Kent expliquer le mythe et le deuil ↗
Pour relier la fin au refus de supprimer la douleur plutôt qu’à une victoire classique sur un monstre extérieur.
- Suivre la seconde vie queer du personnage ↗
Pour comprendre comment une œuvre cinématographique a été appropriée, remixée et politisée par les cultures Internet.