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Teotihuacan
Teotihuacan fut, du Ier au VIIe siècle, l’une des plus vastes villes des Amériques, organisée autour de l’avenue des Morts et de grands complexes résidentiels ; son nom antique et ses dirigeants restent inconnus.
- Deck
- Lost Civilizations
- Monde
- Monde 5 - Corruption & Légendes
- Zone principale
- Cité Engloutie
- Récompense
- +20 XP
Description
Teotihuacan se trouve dans le bassin de Mexico, environ cinquante kilomètres au nord-est de la capitale actuelle. L’occupation commence avant notre ère, puis la ville croît rapidement entre le Ier et le VIe siècle apr. J.-C. À son apogée, elle couvre plus de vingt kilomètres carrés — jusqu’à trente-six selon les limites retenues — et abrite probablement autour de cent mille habitants, voire davantage selon certaines estimations. Elle compte ainsi parmi les plus grandes villes de son temps. « Teotihuacan » est un nom nahuatl donné des siècles plus tard par les Aztèques, généralement traduit comme le lieu où furent créés ou devinrent dieux. Nous ignorons le nom employé par ses habitants, leur langue principale et l’identité précise de leurs souverains. La ville n’était pas aztèque et ses pyramides n’ont pas été construites par les Aztèques : ceux-ci visitaient déjà des ruines anciennes auxquelles ils attribuaient une place fondatrice dans leur cosmos. L’avenue des Morts ordonne le centre cérémoniel. La pyramide de la Lune clôt sa perspective au nord ; la pyramide du Soleil, construite en plusieurs étapes, domine le milieu ; la Ciudadela et le temple du Serpent à plumes occupent le sud. Les noms Soleil et Lune sont modernes. Sous et autour des monuments, tunnels, grottes artificielles et dépôts d’offrandes associaient architecture, origine du monde et pouvoir. Au temple du Serpent à plumes, les fouilles ont découvert plus de deux cents victimes sacrificielles, souvent équipées comme des guerriers, rappelant que la ville monumentale n’était pas pacifique. La majorité des habitants vivait dans des ensembles d’appartements maçonnés, souvent décorés de peintures murales. Certains quartiers regroupaient des communautés venues d’Oaxaca, de la côte du Golfe ou du monde maya. Obsidienne, céramiques, costumes, encens et rituels circulaient dans un réseau d’influence immense. À Tikal, des événements du IVe siècle associés à Teotihuacan montrent une intervention politique ; les chercheurs débattent encore entre conquête, alliance et installation dynastique. L’absence de portraits royaux nommés contraste avec les Mayas. Le pouvoir pouvait être plus collectif ou dissimulé derrière des emblèmes religieux et militaires, mais il serait prématuré d’imaginer une république égalitaire. Vers 550-650, plusieurs monuments du centre sont incendiés et mutilés. Crises internes, révoltes, conflits, pression environnementale et fragmentation des réseaux peuvent s’être combinés. La ville se dépeuple progressivement sans que toute vie cesse immédiatement. Le rabbit hole mène aux tunnels rituels, aux peintures de Tepantitla, au quartier maya et à l’« entrée » de Teotihuacan dans Tikal. Une restauration du début du XXe siècle ajouta arbitrairement un niveau à la pyramide du Soleil, rappelant que ce que voit le visiteur est aussi une histoire moderne de reconstruction. Teotihuacan fascine non parce qu’elle serait sans histoire, mais parce qu’une métropole extraordinairement planifiée reste presque dépourvue de noms et de récits lisibles laissés par ceux qui l’ont bâtie.
À savoir
Teotihuacan fut, du Ier au VIIe siècle, l’une des plus vastes villes des Amériques, organisée autour de l’avenue des Morts et de grands complexes résidentiels ; son nom antique et ses dirigeants restent inconnus.
Vidéos
- UNESCO/NHK — Cité préhispanique de Teotihuacan ↗
Une vue institutionnelle du plan monumental, utile pour comprendre l’échelle et l’axe de l’avenue des Morts.
Sources
Pour aller plus loin
- Lire la ville au-delà des pyramides ↗
Pour replacer avenue, appartements, peintures et quartiers étrangers dans un plan urbain de plusieurs dizaines de kilomètres carrés.
- Entrer dans la recherche mexicaine ↗
Pour suivre tunnels, offrandes, conservation et interprétations produites par l’autorité archéologique du site.