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BBC Wiped Episodes, variante Normal

Variante Normal

Normal · Shiny · Holo

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BBC Wiped Episodes

Les « BBC Wiped Episodes » résultent surtout de la réutilisation de coûteuses bandes vidéo et de la mise au rebut de copies film dans les années 1950–1970, avant qu’une politique patrimoniale coordonnée ne s’impose.

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Monde 6 - Crépuscule des Mondes
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Description

« BBC Wiped Episodes » ne désigne pas une série précise, mais des milliers d’émissions britanniques dont l’enregistrement a été effacé ou détruit après diffusion. Des années 1950 aux années 1970, beaucoup de programmes de studio étaient enregistrés sur bandes vidéo de deux pouces. Ces bobines coûteuses et volumineuses pouvaient être effacées puis réutilisées. Pour les ventes internationales, la BBC produisait souvent une télécopie sur film 16 mm, plus facile à expédier et compatible avec les équipements étrangers. Le système n’avait pas été conçu comme une archive historique unifiée. La bibliothèque de bandes gérait des supports nécessaires à la production ; la Film Library conservait surtout des éléments tournés sur film susceptibles d’être réemployés ; BBC Enterprises détenait des copies destinées à la distribution. Lorsque droits de rediffusion et débouchés commerciaux expiraient, chaque service pouvait croire qu’un autre conservait l’exemplaire utile. Les contrats avec les artistes, le coût du stockage, l’absence de marché vidéo domestique et l’idée que la télévision était éphémère rendaient la destruction administrativement normale. « Wiped » et « junked » recouvrent deux gestes différents. Wiping signifie effacer une bande magnétique pour enregistrer autre chose. Junking désigne la mise au rebut d’un support, notamment une copie film, parfois récupérée pour son argent ou simplement éliminée. Une émission peut donc avoir perdu son master vidéo tout en survivant sous forme de télécopie 16 mm ; inversement, une fiche d’expédition ne garantit pas que la bobine existe encore. Le mot « censuré » est généralement inapproprié : même si certaines œuvres rencontrèrent des problèmes éditoriaux, la vague de pertes fut avant tout économique, technique et institutionnelle. Le phénomène touche tous les genres. Doctor Who est le cas le plus mobilisateur, mais des épisodes de Dad’s Army, Hancock’s Half Hour et Steptoe and Son, des émissions de musique comme Top of the Pops, des dramatiques, documentaires, informations et programmes régionaux ont disparu. Cette sélection involontaire fausse l’histoire : artistes moins rediffusés, débuts de carrières, performances en direct et voix minoritaires peuvent être moins visibles précisément parce qu’on n’anticipait pas leur valeur future. À partir du milieu des années 1970, les pratiques changèrent. La BBC créa une fonction de sélection archivistique, Sue Malden entreprit notamment l’inventaire et la récupération de Doctor Who, et le déstockage systématique cessa en 1978. Depuis, BFI, BBC, collectionneurs et initiatives comme Missing Believed Wiped identifient des copies chez d’anciens diffuseurs étrangers ou dans des collections privées. Une émission « retrouvée » peut toutefois rester incomplète, nécessiter restauration et clarification des droits avant toute diffusion. Le rabbit hole consiste à suivre la chaîne matérielle d’un programme : bande originale, télécopie, export, retour théorique, collection privée, restauration. Des bandes son enregistrées par le public, scripts, photographies et coupures de censure peuvent rendre une œuvre étudiable sans restituer ses images. Cette carte raconte donc moins une mystérieuse destruction centralisée qu’une révolution de la notion d’archive : la télévision est passée d’un flux consommable à un patrimoine, malheureusement après que des pans entiers avaient déjà été rendus irrécupérables.

À savoir

Les « BBC Wiped Episodes » résultent surtout de la réutilisation de coûteuses bandes vidéo et de la mise au rebut de copies film dans les années 1950–1970, avant qu’une politique patrimoniale coordonnée ne s’impose.

Sources

Pour aller plus loin